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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 17:40

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12 résolutions pour 2012

 

Résolution d'Avril :

   

Apprendre à parler en public pour éviter l'angoisse des réunions

 

 

 

 

Le secret de la réussite d’un leader tient dans son aptitude à rassembler. Rassembler, c’est certes trouver un dénominateur commun, un projet collectif, mais c’est également maîtriser sa communication. La forme plus que le fond, où plus exactement la forme comme porte d’entrée du fond.

« Mon principal défaut, c’est de ne vous avoir pas convaincu que j’avais du charisme »

Cette phrase est prononcée par Lionel Jospin au sortir de sa défaite de 2002. Il avait conscience qu’au-delà de ses convictions, au-delà de ses aptitudes à gouverner, c’est bien sa capacité à rassembler qui lui avait coûté son billet pour l’Elysée.

Steve Jobs, dans un style totalement opposé et opposable, transfigurait ses réunions en meetings où chacun de ses collaborateurs ressortait avec la certitude que les ambitions affichées étaient réalistes et réalisables.

Quelle est la différence entre ces deux hommes ? Qu’est-ce que faisait Steve Jobs que Lionel Jospin ne fit pas en 2002 ?

La préparation

Elle revient comme un refrain s’adaptant à chaque mélodie ; de la démarche commerciale, en passant par le management, nous retrouvons systématiquement sur notre chemin ce fondamental de toute réussite : la préparation.

Quid du questionnement lors de la préparation d’une réunion :

-          Quel(s) objectif(s) ? 

o   Lancement d’une opération

o   Analyse d’une opération réalisée (bilan positif, bilan négatif)

o   Point d’étape (sur projet, sur objectifs)

o   Présentation de projet

-          Quelles finalités ?

o   Actions à mener post-réunion

-          Quel(s) délivrables(s) ?

o   Type de document à remettre (papier, numérique, aucun)

o   Contenu des documents remis

-          Quel temps dédié ?

o   Durée de la réunion

o   Durée de l’intervention

o   Durée des échanges post-intervention

-          Quel moment ?

o   Début de journée (si bilan négatif notamment)

o   Fin de journée (si bilan positif notamment)

o   Fin de matinée (si présentation projet avec volonté de poursuivre par un déjeuner)

-          Quel endroit ?

o   Dans une salle de réunion au siège

o   Dans une salle extérieure

o   Chez le client

-          Quelle disposition

o   Auditorium (type conférence)

o   Salle en U

o   Architecture scolaire

-          Quel matériel nécessaire

o   Vidéo projecteur

o   Micro (si grande salle)

o   Télécommande pour passer les diapositives

o   Paper board

o   Enceintes (notamment si vous passez un support multimédia)

-          Quels participants

-           

Une épreuve, un défi tant physique que mental 

Steve Jobs avait d’ailleurs l’habitude de repérer les lieux, de s’en imprégner pour mieux les dominer. L’environnement, qu’il soit impressionnant ou minimaliste, ne doit en aucune manière influer sur vous. Il est d’ailleurs un moteur, tel un challenge. Pour un chanteur, se produire au stade de France est une épreuve, un défi tant physique que mental : mais il est avant tout un exutoire exceptionnel, qu’il gardera à jamais comme un instant unique. A défaut, le même artiste devant organiser un spectacle dans une salle intimiste, évoluant sur une scène écourtée, avec un matériel rudimentaire, adaptera tant sa posture que la puissance de sa voix, mais développera alors d’autres compétences pour à nouveau faire de ce concert un instant magique, tant pour ses fans que pour lui-même.

Maîtriser son environnement, connaître et appréhender tous les paramètres d’une intervention nous assure donc une quiétude propice à assurer une prise de parole assurée. Au jeu de « combien de temps improvise un humoriste lors de sons spectacle », les réponses sont souvent « au moins 10 %, je l’ai moi- même vu quand j’y étais ». Oui, ils y étaient et ont vu un spectacle avec une vraie capacité de rebond de l’humoriste. Non, il n’a rien improvisé, car chacune de ses blagues, chacune de ses mimiques, chaque « digression » était programmée.

« Nous n’avons jamais deux fois l’occasion de faire une première bonne impression »

L’introduction

Les 15 secondes marquant le démarrage d’une intervention mobilisent ou démobilisent l’attention et l’intérêt d’un auditoire. L’introduction forge  la perception des participants quant au rythme et à la qualité des instants qu’ils vont vivre en votre compagnie.

Il s’agit donc d’être immédiatement « dans son match », sans aucun temps mort. Dès le départ donner du sens,  motiver suffisamment ses interlocuteurs pour qu’ils abandonnent toute occupation, toute activité, toute pensée pour se concentrer uniquement et exclusivement sur vos propos, sur la manière dont ils vont pouvoir s’en servir, sur les actions qui vont rythmer les minutes, les heures et les jours suivant votre intervention.

L’acronyme TOP reprend les phases de l’introduction :

-          Thème

o   De quoi va-t-on parler ?

o   Pourquoi ?

-          Objectifs

o   Que recherchons-nous ?

o   Quelles finalités après la réunion ?

-          Procédure

o   Comment va-t-on travailler durant la réunion (modes pédagogiques, séquences)

o   Modalités pratiques (pauses si réunion de plus d’une heure 30 minutes, durée de l’intervention, durée des foires aux questions)

Les grands leaders ont comme habitude de rédiger mot à mot cette phase de leur intervention, puis de l’apprendre par chœur. L’accroche se doit d’être maîtrisée tant dans le fond (contenu) que sur la forme (prendre possession de l’espace, éviter les dissonances comportementales, avoir la voix assurée).

Véhiculer un ensemble d’émotions

Les postures à adopter

60% de notre communication est non verbale ; et si les français ne croient qu’au langage, leur jugement implicite se porte sur notre aptitude à marier les gestes aux mots, les postures aux idéologies. Prendre la parole, c’est véhiculer un ensemble d’émotions. Outre les mots utilisés, synchroniser le langage du corps est primordial : avoir une attitude ouverte, être souriant, montrer dans ses déplacements tant du dynamisme que de la décontraction.

Nos mécanismes de défense contre le stress nous amène à nous frotter les mains, nous toucher le nez, se mouvoir en permanence (« syndrome du tango »), regarder une personne dans l’auditoire (en oubliant les autres), laisser son regard dans le vide …..

Le stress négatif est tant lié à une situation à enjeu (EX : présentation à un client) qu’à une méconnaissance de son auditoire. Prendre le temps de saluer chaque participant à une réunion accorde à notre esprit une trêve : nous n’allons plus intervenir devant un parterre d’inconnus mais face à des interlocuteurs identifiés.

Dans la genèse d’une rencontre, d’une identification, ce qui nous positionne socialement est la poignée de main : molle, vivace, ferme, appuyée, fuyante…tant d’adjectifs qui qualifient ensuite la perception de nos interlocuteurs envers nous.  L’objectif est un dosage savant pour qu’aucune dissonance ne vienne contredire le positionnement que nous souhaitons avoir.  L’idéal est qu’elle soit neutre socialement : dynamique mais conviviale, franche mais équilibrée.

La voix est un jouet dont il convient de s’amuser 

Le corps de notre intervention

Il se doit entraînant et structuré en compartiments équilibrés, où chaque séquence revêt une motivation soit individuelle, soit commune. Toute longueur superflue rend les effets de dynamismes caducs ; le rythme soutenu d’une intervention (à ne pas confondre avec un débit de voix trop rapide) cadence l’attention d’un auditoire qui doit à chaque instant être surpris, étonné pour ne pas sombrer dans un ennui propice à un rejet du message délivré.

Les exercices d’articulation permettent d’ailleurs de s’émanciper des erreurs courantes relevées lors de discours :

-          Débit de voix trop rapide

-          Rythme monotone

-          Ton monocorde

-          Silences non maîtrisés

-          Intonation inadaptée

La voix est un jouet dont il convient de s’amuser ; varier le rythme donne de nouveaux élans au contenu de mon message….ralentir le débit en augmentant la qualité d’articulation appuie l’importance de l’information transmise….Surprendre, éviter la lassitude, transmettre une forte conviction se fera tant par la qualité de votre plume que par la vivacité de votre gestuelle ou de votre voix.

Un sportif de haut niveau répète inlassablement ses gammes. Un leader peut (et doit…) en faire de même. Outre les exercices d’articulation (évoqués ci-avant), d’autres outils ludiques existent et notamment le jeu « dans la peau d’un leader »….une bonne manière de se voire « critiquer » (au sens noble du terme) dans un environnement pédagogique convivial.

« Nous n’avons jamais deux fois l’occasion de faire une dernière bonne impression » 

LA CONCLUSION

L’adage se retourne et révèle la quintessence de son message ; les participants retiendront généralement les deux instants clés d’une intervention : l’introduction et la conclusion.

A l’image de l’introduction, la conclusion est à l’idéal écrite mot à mot, car synthétisant en quelques minutes les informations prioritaires de notre intervention. C’est également elle qui fera naître les velléités d’actions post-réunion.

Si nous animons une réunion d’équipe sur un plan d’action commercial, il est alors nécessaire (voire indispensable) de renvoyer chaque collaborateur à l’application concrète des pistes développées.  Si nous présentons un projet à un client, il est alors nécessaire (voire indispensable) de rappeler au client les dead lines envisagées, les démarches à accomplir ou les étapes à suivre pour la signature du contrat ou la réalisation de ce dernier.

Mais les rappeler simplement, ternement, ne suffit pas. Notre aptitude à hausser le niveau de notre prestation à cet instant donnera (ou pas….) le déclic à la mise en place de toutes nos idées, de toutes les pistes étudiées durant le développement de l’intervention.

A l’instar des indications données par nos professeurs de français lors de nos années lycées, la conclusion doit s’ouvrir sur un nouvel horizon, sur un nouveau départ déjà consumé lors de la réunion. Quand nous mettons un point final à l’intervention, nous avons déjà initié le changement.

C’est peut-être tout cela qui  fit défaut à Lionel Jospin en 2002 et qui permit à Steve Jobs de marquer de son empreinte la réussite d’Apple.
 Et vous, quelles seront vos premières actions au sortir de cet article ?

Jean Benoît POTIER et toute l’équipe MANEGERE Associés

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Published by MANEGERE - dans RESOLUTIONS 2012
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